vendredi 8 juin 2007

Resserrement (après Dilatation)

Oui bien-sur, j’aurais du m’en douter.
Comme si je ne le savais pas déjà, depuis le temps !
La Joie, la Dilatation, l’Élan, l’Espace … c’est pas gratuit tout ça ! ça ne vient pas de rien …

Je n’avais juste pas voulu lire la suite du texte tout de suite …

« Comment faire l’épreuve de la dilatation si l’on ne faisait pas l’épreuve du resserrement et de l’étroitesse » rajoute Jean Louis Chrétien des fois qu’on ait naivement compris qu’il suffisait de s’ habiller en princesse Leila pour que Douglas Fairbanks rapplique sur son tapis volant !
J’avais même pas vu « épreuve » ! Ah la joie ça rigole pas ! C’est pas de tout repos ! ça se mérite ! Du vrai romantisme bien saignant !

Où j’avais tout faux aussi, c’est que je croyais même qu’en grandissant, notre météo intérieure finissait par être nettement moins tapageuse, comme assagie avec les ans, et puis que de toute façon, au pire, on avait engrangé un tel tas de parapluie, paratonnerre, paratout, que si par hasard une vieille tempête égarée faisait mine de se réveiller , c’est à peine si on se faisait mouiller, et vogue vogue mon petit bateau …
Oui forcément, ça ne marche pas du tout comme ça ; faut savoir ce qu’on veut ! la soupe tièdasse ou le grog brûlant et le sorbet glacé ( et pas le dentiste !!! …)
Rien de tel qu’un bon petit resserrement, une bonne étroitesse, une bonne tristesse pour redécoller plus haut plus fort
« la dilatation ne serait pas une libération s’il n’y avait rien dont elle nous libérât » écrit Bossuet
Le maintien de l’ équilibre ne suppose- t - il pas l’ajustement permanent de forces contradictoires, de cycles opposés ?

L’éternelle histoire du flux et du reflux, marée haute/marée basse, contraction/dilatation,
élan/resserrement, envolée/dégringolade, les gâteaux et la vaisselle …

Bon et bien là aujourd’hui, c ‘est plutôt « lendemain de fête » ; perdues les bottes de sept lieux; restent les sabots de labour, collés au sol lourd, corps engourdi, ratatiné.
Et puis pas un souffle d’air : à la remise le tapis volant.

Alors quoi ?

Accepter ; juste ne pas bouger ; ne pas même chercher à combattre ;
Ne même pas s’épuiser dans le Grand Jeu de la Rebellion, la Grande Scène du Désespoir, le Numéro Dramatique du Plus Jamais pour Toujours.

Allez ! Arrêter de faire la fière, juste courber le dos, baisser le rideau c’est pas la peine de frapper : rien à voir rien à dire rien à ressentir à vibrer à partager.
Aujourd’hui, c’est fermé: les poings et les yeux; la bouche et le cœur; les oreilles et les narines, bon peut-être, allez les narines juste à peine , à peine ouvert, juste de quoi frémir et palpiter si d’aventure ... un petit vent parfumé ... pointait le bout de son nez …

Toi, le cœur de la rose
Toi, le parfum du lys blanc
Toi, tes mains et ta couronne
Tes yeux bleus et tes joyaux
Tu ne m’a laissé comme un rayon de lune
Qu’un cheveux d’or sur mon épaule
Un cheveux d’or et les débris d’un rêve.
« L’enfant et les sortilèges de Ravel »,
Paroles de Colette.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

les sabots delabour,collés au sollourd,corps engourdi,ratiné...
le labour ,
le labour rend la terre belle aussi.
Le labour retourne la terre juste ce qu'il faut pour enfouir ,mais, pas trop profondément la récolte précédente comme une mémoire accueillante à celle à venir.
Le labour creuse le sillon qui recevra la semence de pour la nouvelle récolte.
La terre respire au rythme des saisons.
Ouvre tes narines,hume...tu vas sentir,respirer et ....

Nomade,

Anonyme a dit…

Nomade à dit,
comme d'habitude je n'arrive pas à me connecter autrement.
moi anonyme? non.

bijee a dit…

merci "anonyme" ...nomade,?, mais qui semble connaître si bien la terre ...

Anonyme a dit…

Nomade a dit,
j'ai pris le surnom de nomade car j'aime le mot et l'idée de la pensée nomade sur ton blog.
tu connais pourtant ma filiation avec la terre

nous avons bientôt rendez-vous :
une promenade pour entendre le bruissement des blés ,sentir le vent ,voir les nuages et oui tout cela .....
Qui suis-je ?

la fille a dit…

"Toi......le coeur...de la rooooose...
Toi...le parfum...du lys blanc..."


Ca c'est l'enfant et les sortilèges? Je croyais que l'enfant et les sortilèges était quelque chose d'affreux avec une histoire de rebéllion d'horloge et de théière maltraitées... une vraie Belle et la Bête mais en terrifiant!!!

Pourquoi as-tu mis ces paroles ici? Qu'est ce que ça t'évoque dans ce contexte?

bijee a dit…

Oui tu te souviens quand tu l'avais chanté à la chorale d'enfants?
Oui ! maltraitance, rebéllion ...
mais rédemption, regret, et nostalgie, terrible nostalgie ...