samedi 5 juillet 2008

C'est vrai que ça faisait des années ...

C'est vrai que ça faisait des années ...
Des années qu'elle avait laissé la situation s'installer, doucement empirer, dangereusement glisser jusqu'au bord de l'inévitable: l'affrontement face à face.
Et allez, qu'elle l'avoue maintenant, elle avait toujours su confusément qu'elle ne pourrait échapper à ce moment là.
Oui, dès le début, en pleine euphorie de la découverte, elle sentait déjà confusément que le mantra "Comme c'est romantique" serait scandé au fil des années avec de moins en moins de conviction, que le sourire l'accompagnant virerait vite au rictus incrédule, le regard énamouré se teinterait d'inquiétude, et que les insouciantes paroles de jeunesse allaient immanquablement terminer en lamentable contrition "Comment ai je pu laisser les choses en arriver là ??"
Et ce ne sont pas les "faux-conseils" d'amis : "c'est normal avec le temps; mais laisse faire; c'est naturel ... "(sans mentionner ceux de sa mère qui bien sûr l'avait prédit: "Si tu laisses la situation s'installer, un jour tu vas te faire envahir!") qui allaient changer quelque chose.
La décision c'est Elle qui l'avait prise.
Un débordement de trop ? Un tressautement d'exaspération ? Un soubresaut de culpabilité ? Un sursaut d'angoisse ? Un ras le bol salutaire ? Et pourquoi pas plutôt un pur élan aveugle d'euphorie conquérante ?
Peu importe; soudain elle n'y tint plus.

Elle allait le faire. Elle ne pouvait plus fuir le problème. Elle allait s'y coller. Voilà; aussi simple que ça.
A peine avait elle pris sa décision que tous les orages de doutes accumulés crevèrent d'un coup et la laissèrent étourdie de tant de fraîche légèreté, telle Blanchette, la Chèvre de Monsieur Seguin, libérée de la corde, bondissant par la fenètre de l'étable, tête en avant, à l'assaut de la verte montagne et de ses promesses.
Et cette sensation de libération donnait tant de résonance à sa décision qu'elle la rendait maintenant totalement évidente et incontestable; elle avait fait le bon choix.
Comment avait elle pu , voyant pourtant la situation empirer de jour en jour, avoir mis tant de temps à la prendre cette décision ?
C'était ridicule ... de la paresse évidemment... du déni sans doute ... la peur de l'affrontement, forcément... Chaque fois qu'elle aurait pu, aurait du (et pourtant les signes n'avaient pas manqué !) et bien elle avait hésité, tergiversé, composé, négocié, espérant peut-être encore une solution moins radicale, pour chaque fois reculer, repousser, à plus tard, au moment mieux choisi etc etc ...
Ridicule !
Ah le bonheur de la décision prise, enfin.
Plus d'état d'âme
Elle se sentait si bien là, si légère et si forte, si sûre de son choix.
Et elle concentrait toutes ses forces à intérioriser cette merveilleuse sensation, d'autant qu'elle était totalement consciente qu'aucune douleur ne serait épargnée.
Face à face; corps à corps; ce serait une lutte sans merci.
Elle se connaissait trop bien pour savoir que la griserie liée à l'irrévocabilité de la décision prise n'empêcherait pas tous les doutes de revenir à l'assaut au plus fort de la charge. Elle savait bien qu'elle n'était pas du tout préparée.
Forcément;
Ce n'était pas du tout sa façon habituelle de fonctionner;
Elle, elle "composait", "harmonisait".
Mais quoi ? Composer avec l'ennemi? Et battre une nouvelle fois en retraite ?
Où avaient menées toutes ces rêveries d'équilibre ?? Ils étaient si différents; l'un solide, inébranlable, l'autre libre et fantasque.
Apparence !... Equilibre ? Prise de pouvoir insidieuse ! Ingérence ! Etouffement ! Colonisation du territoire de l'un par l'autre plutôt ! Voilà ce qu'il restait aujourd'hui du bel équilibre rêvé ! Et la rage de la trahison attisait encore l'urgence de la solution radicale.

Aujourd'hui il fallait oser se battre même si fatalement la victoire de l'un signifierait l'anéantissement de l'autre. On n'en était plus à la négociation ou aux compromis.

Ce n'était pas le moment de faiblir; Trop tard; Inévitable, la Seule Issue, Courage !
Ah le frisson de l'envie urgente de fouiller, gratter, démêler, dénouer, et puis forcément couper, trancher, arracher, extirper, anéantir ... Anéantir !? Le syndrome Attila pouvait vite faire basculer dans le côté obscur de la force, c'est sûr.

Peut être fallait il trouver d'autres armes, un autre angle d'attaque moins frontal.
Bien sur qu'elle était aussi responsable de l'échec de la cohabitation. Elle avait pas su s'y prendre; elle n'avait pas su "anticiper le problème" comme on dit; et c'était lamentable que ça se termine comme ça; Bien sûr que tout ça était très excessif ! ... et qu'il faudrait même en cas de victoire en assumer les conséquences; peut-on sans danger détruire un si bel équilibre (de façade) après tant d'années de vie commune ? L'un et l'autre si intimement imbriqués dans leurs histoires et habitudes de vie: protéger, soutenir, oui mais aussi s'aggripper, étouffer ... La destruction de l'un n'entrainera t-elle pas l'écroulement de l'autre ?



STOP !

AGIR !


AUJOURD'HUI

J'ARRACHE
LE LIERRE
DES MURS
DE LA MAISON.

SÉCATEUR EN AVANT !

À L'ARRACHAGE !

PAS DE QUARTIER !!!!!!
.












mercredi 2 juillet 2008

Maria ! Anna Maria ! Mea Culpa

Il ne faudrait pas que le lecteur de ce blog se laisse abuser par son joli arrière- plan tout rose ...
Les sentiments qui parfois animent l'auteur(e) laissent entrevoir sa possession, inavouée jusque là, d' une palette expressive beaucoup plus... sombre ... Celle des "jugements à l'emporte pièce" et de la "mauvaise fois" !
Sinon comment expliquer son regard superbement détourné à chaque fois qu'il était question, par le biais d'un article ou d'un concert, de faire plus amplement connaissance avec "Elles" ?

Rose le sourire mais Noir le grommellement intérieur : " PFFFFfff! DES BLONDES !!! "

Ah Maria, Ah! Anna-Maria, Mea Culpa !!!

Mea Culpa de vous associer ici pour votre seule blondeur et d'en faire une accroche de blog (bon c'est vrai ! Elles n'ont pas que la Blonditute (?) en commun; elles sont en plus Belles ET Musiciennes ET justement de cette musique qui m'émeut et puis quoi encore Grrr et double Grrr ! )
Toute jalousie dégorgée et toute honte bue, passons à l'essentiel: ces deux là, c'est mon coup de coeur de la semaine !

Anna Maria , la Polonaise d'abord ...

C'est en préparant le stage "Pop Rock" de cet été, en cherchant à écouter Don't speak de No Doubt




Que je tombe sur ceci ...
Une pauvre vidéo bricolée ... Ça c'est de la reprise ! Coup de coeur ! Et quel feeling !
Mais qui c'est cette Bl ...?

Ah Vade Rétro, jure-je, pas L'Anna Maria Jopek que je/nous fuyons (hein Camille?) depuis des années ???
Ben si ! "Celle que notre Pat Metheny chéri avait choisi entre toutes en 2002 pour enregistrer l' album Upojenie (allez par là vous pourrez écouter tout l'album) , nous laissant (dé)confites de jalousie, et par là même sourdes à toute écoute, même "juste pour voir" ...

Et bien là, plus moyen de reculer ... Il était temps d'aller y jeter une oreille ...

Et bien ... J'ai vraiment bien aimé ...
Pourtant j'en ai grappillé des trucs énervants du genre : pianiste classique talentueuse à Varsovie, musicienne de jazz accomplie à New York, 2 enfants, études de philo ET grand prix eurovision, encensée par Pat et Sting (pis quoi encore !) à l'aise dans tous les registres, une magnifique voix juste et pleine, des superbes compos qui mélangent la musique traditionnelle polonaise, le jazz, la pop, et qui ajoute à son répertoire "Samba prezed rozstaniem" ? = Le bel "Apelo" de Baden Powell



Un petit duo avec Pat ? (Ah ! ça me rappelle mon beau Taras à Odessa ! )






Et en live à Varsovie ?



Et alors, Google, elle sort un peu de son pays cette beauté ??
Et bien oui ...
Pas plus tard que le 22 mai, elle donnait un concert gratuit dans le parc du beau jardin de ... Chamarande !!!!!!! ( à 5 km de Mes Vieilles Vignes) !
...
Ok ok ...

jeudi 19 juin 2008

... et de 13 !

Je viens enfin de terminer la conception et la rédaction du prochain stage de chant d'été ...
... 13° édition ...




Me revient en mémoire le tout premier stage de cette série, dans un improbable château, organisé avec le chanteur Eric Trémolières, le batteur Bruno Desmoulière, et puis Gilles Réa et Michel Costandi déjà ...
Me revient en mémoire la rencontre avec Françoise, cette stagiaire préoccupée par le prochain mariage de son fils avec une jeune malienne chanteuse ...
Je n'ai pas revue Françoise ...
Quand à la jeune malienne en question, Rokia Traoré, elle a largement fait son chemin depuis ...








Son dernier album Tchamantché (cliquez pour écouter des extraits) est pour moi une vraie merveille ...
Elle n'hésite pas à y faire se rencontrer le N'goni (sorte de luth traditionnel du Mali)et la mythique guitare Gretsch qui fait sonner le blues comme aucune autre; et puis même au détour d'une chanson un violon... une clarinette ...

"Ne pas penser Exotique, penser Musique" dit elle.
"Avant d'être une "Malienne" je veux être ...moi même ! "

Si vous avez un peu de temps (l'extrait dure 13 mn) allez visionner l'extrait du DVD (pensez à activer le bouton plein écran !) qui lui est consacré; elle y parle avec beaucoup de conviction et de simplicité de musique bien-sûr mais aussi d'identité, de quête de soi, de vie, de l'Art de Vivre, qui est pour elle d'abord un art de la souplesse ... 


Je vous propose ici la vidéo de la chanson "Kounandi" grappillée sur le site TED.com



Et puis délectez vous de sa reprise iconoclaste de "The man I love" sur lequel on aurait pu imaginer que tout avait été dit ...

lundi 26 mai 2008














Soufflée !
J'ai été soufflée!

J'étais pourtant rentrée par la petite porte, celle de derrière, l'air de rien, jeter un oeil le temps de rédiger une petite notice bibliographique en préparation du Concert de Samedi
Happée, soulevée, embarquée, propulsée dans son tourbillon d'énergie créatrice.

C'est vrai qu'il y avait plein d'échos vaguement enfouis qui ne demandaient qu'à vibrer à nouveau ... "Ah oui! c'était Lui !"

"J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité "
(...)


"Dans la nuit il y a les merveilles du monde dans la nuit il n'y a pas d'anges gardiens mais il y a le sommeil dans la nuit il y a toi dans le jour aussi "
(...)


" Je chante ce soir non ce que nous devons combattre mais ce que nous devons défendre Les plaisirs de la vie. Le vin qu'on boit avec les camarades. L'amour. Le feu en hiver. La rivière fraîche en été. La viande et le pain de chaque repas. Le refrain que l'on chante en marchant sur la route. Le lit où l'on dort. Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain. Le loisir. La liberté de changer de ciel. Le sentiment de la dignité et beaucoup d'autres choses Dont on refuse la possession aux hommes.


"Notre paire quiète, ô yeux ! que votre "non" soit sang (t'y fier ?) que votre araignée rie, que votre vol honteux soit fête (au fait) sur la terre (commotion). (...)

"Je suis le veilleur de la rue de Flandre, Je veille tandis que dort Paris. Vers le nord un incendie lointain rougeoie dans la nuit. J'entends passer des avions au-dessus de la ville." (...)


Rrose aisselle a vit.
Rrose, essaie là, vit.

Rôts et sels à vie.

Rose S, L, have I.

Rosée, c'est la vie.

Rrose scella vît.

Rrose sella vît.

Rrose sait la vie.

Rrose, est-ce, hélas, vie ?

Rrose aise héla vît.

Rrose est-ce aile, est-ce elle ?

Est celle

AVIS

...

...Ça n'existe pas ! Et pourquoi pas!




Et puis tomber d'emblée sur cette citation extraite de son "Journal"ne pouvait que me mettre en éveil:
Ce que j’écris ici ou ailleurs n’intéressera sans doute dans l’avenir que quelques curieux espacés au long des années. Tous les vingt-cinq ou trente ans, on exhumera dans des publications confidentielles mon nom et quelques extraits, toujours les mêmes. Les poèmes pour enfants auront survécu un peu plus longtemps que le reste. J’appartiendrai au chapitre de la curiosité limitée".

Nous sommes en Février 1944.
Il ne reste à Robert Desnos que quelques jours de liberté, avant l'arrestation, la déportation, et la mort, le 5 juin 1945, à 45 ans.

Alors oui je n'ai eu de cesse ce dimanche de dévorer tout ce qui m'est passé sous les yeux !
Et là j'en suis encore toute tourneboulée!

Soufflée par l'extraordinaire diversité de son écriture, par sa curiosité illimitée justement, au delà de toute étiquette, de toute querelle littéraire ... dans l'écriture ET dans la vie...à fond. L'exploration passionnée qu'il fait de son siècle, comment il s'approprie tout ce qu'il y trouve.
Dans un rêve proclamé de métissage ! en faisant disparaitre les barrières entre milieux cultivé/non cultivé.


Fascination pour son incroyable liberté assumée.
«Au-delà de la poésie libre, il y a le poète libre.»

Porter son rêve jusqu'au bout

"Unir le langage populaire, le plus populaire, à une atmosphère inexprimable, à une imagerie aiguë ; annexer des domaines qui, même de nos jours, paraissent incompatibles avec le satané « langage noble » qui renaît sans cesse des langues arrachées du cerbère galeux qui défend l'entrée du domaine poétique, voilà qui me paraît besogne souhaitable sans oublier, je le répète, certains motifs impérieux d'inspiration actuelle..."

Etre fils d'un "mandataire aux Halles pour la volaille et le gibier"ET prophète du Surréalisme

Abandonner l'école à 16 ans ET adorer Hugo.

Réciter Baudelaire ET dévorer Fantômas en bande dessinée.

Etre érudit ET autodidacte

Adorer l'argot et le "populaire"de la Rive Droite ET fréquenter la Coupole et le Sélect Rive Gauche

Être pacifiste ET engagé

Ne pas être juif ET être arrêté comme tel

Refuser le communisme d'Aragon ET être arrêté comme tel

(on dit que la gifle publique qu'il infligea à un journaliste antisémite n'est pas étrangère à son arrestation, sans parler du pamphlet contre Céline)

Poète ET Résistant (dans le réseau Agir)

Provocant ET discret

Ecrire de la poésie (cliquer ici et plongez dans ses poèmes) ET essayer de gagner sa vie
(comme droguiste, gérant d'immeuble, caissier à France Soir, traducteur de ...notices pharmaceutiques, sécrétaire particulier, journaliste - ce qui lui vaudra le dédain de André Breton...)


Ecrire des slogans publicitaires pour Radio Luxembourg "L'express s'en va - les lentes restent/ Utilisez la Marie Rose, la mort parfumée des poux" ET pour Yvonne, l'amoureuse indifférente des poèmes d'amour désespérés: "y mourir ô belle flammèche y mourir"

Écrire sur Pétain: " C’est tarte, je t’écoute, à quatre-vingt six berges De se savoir vomi comme fiotte et faux derge Mais tant pis pour son fade, il aurait dû clamser."

ET

"Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.
Cette ombre à la fenêtre c'est toi, ce n'est pas une autre, c'est toi.
N'ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
Ferme les yeux.
Je voudrais les fermer avec mes lèvres.

(...)

Écrire sous hypnose ET publier le "Veilleur du Pont au Change"

Pratiquer l'écriture automatique ET proclamer son goût pour le sonnet et l'alexandrin. "Il faut que le poème tienne"


Ecrire en "langage cuit"

"La chasseresse sans chance de son sein choie son sang sur ses chasselas chasuble sur ce chaud si chaud sol chat sauvage chat chat sauvage qui vaut sage chat sage ou sage sauvage laissez sécher les chasses léchées chasse ces chars sans chevaux et cette échine sans châle si sûre chasseresse son sort qu'un chancre sigille chose sans chagrin chanson sans chair chanson chiche."

ou



















ET
son Épitaphe en alexandrin


"J'ai vécu dans ces temps et pourtant j'étais libre. Je regardais le fleuve et la terre et le ciel. Tourner autour de moi, garder leur équilibre Et les saisons fournir leurs oiseaux et leur miel. Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes? Regrettez-vous les temps ou je me débattais? Avez-vous cultivé pour des moissons communes? Avez-vous enrichi la ville ou j'habitais?

Vivants, ne craignez rien de moi, car je suis mort.
Rien ne survit de mon esprit ni de mon corps "


Vouloir réconcilier Nerval ET Rimbaud



Etre amoureux d 'Yvonne l' Étoile, ET de Youki, la Sirène



























(Youki montrant sa sirène tatouée)





Danser la rumba au Bal Nègre ET publier à son retour d'Espagne

"Nuits, Jours et nuits sombres ! Feu, Sang et décombres ! Sang clair des libres Espagnols ! Oui pour l'Espagne et la liberté Un sang pur coule sur notre sol Pour l'humanité No ! No pasaran !






Ecrire des chansons, des cantates (avec Mireille, Paul Arma, Kurt Weill, Milhaud ...)

Dans un petit bateau
Une petite dame
Un petit matelot
Tient les petites rames
Ils s'en vont voyager
Sur un ruisseau tranquille
Sous un ciel passager
Et dormir dans une île
C'est aujourd'hui Dimanche
Il fait bon s'amuser
Se tenir par la hanche
Echanger des baisers
C'est ça la belle vie
Dimanche au bord de l'eau

Heureux ceux qui envient
Le petit matelot


des critiques de disque entousiastes, , clamer son amour pour les chanteuses de cabaret comme FRÉHEL ou DAMIA.
ET écrire

"Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille !
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons,
à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines
un sang brûlant de salpêtre et de haine."

(...)


Ecrire à Youki sa sirène, le 7 janvier 1945 depuis son camp d'internement


Mon Amour, Notre souffrance serait intolérable si nous ne pouvions la considérer comme une maladie passagère et sentimentale. Nos retrouvailles embelliront notre vie pour au moins trente ans. De mon côté, je prends une bonne gorgée de jeunesse, je reviendrai rempli d'amour et de forces ! Pendant le travail un anniversaire, mon anniversaire fut l'occasion d'une longue pensée pour toi. Cette lettre parviendra-t-elle à temps pour ton anniversaire? J'aurais voulu t'offrir 100 000 cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l'appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous. En mon absence achète toujours les fleurs, je te les rembourserai. Le reste, je te le promets pour plus tard.

ET
Mourir d'épuisement quelques mois plus tard, le 8 juin 1945 à cinq heures du matin, à Térézin (après Fresnes/ Compiègne/Auschwitz/Buchenwald/Flossenburg/Flöha
quelques jours après sa libération, reconnu mourant par des infirmiers tchèques.

"- Seriez vous parent avec le poète français Robert Desnos?
- oui oui, Robert Desnos, poète français, c'est moi !"
Si vous avez le courage, allez lire ici. C'est édifiant...


SAMEDI 31 Mai à l'Hotel Anne de Piseleu d'ÉTAMPES nous présentons avec Patricia Legendre les créations conjuguées de nos deux ateliers, - réunis autour de ses poèmes CHANTEFLEURS, - des créations plastiques de ses jeunes élèves et des pièces musicales polyphoniques que j'ai composées pour la circonstance pour l'Ensemble Vocal féminin.

Elles furent écrites par Desnos en 1944, vraisemblablement pour les enfants du couple Milhaud, mais comme il aimait à l'écrire "
sous le langage se dissimulent maints secrets ..."

A la lumière de ce voyage dans son époque au son des bombardements, parachutages, otages, étoiles jaunes et dénonciations, ces poèmes prennent une autre densité.

"COQUELICOT"
Le champ de blé met sa cocarde
Coquelicot
Voici l'été, le temps me tarde
De voir l'arc en ciel refleurir.
L'orage fuit, il va mourir,
Nous irons le cueillir bientôt
Coquelicot.

« Jamais des yeux humains ne furent aussi étrangement ouverts que ceux de Robert Desnos » TristanTzara

Et Kiki de Montparnasse, l'égérie de ces années là

« Il y a tout de même un copain que je ne peux passer sous silence, d’abord parce que c’est une figure de Montparnasse et ensuite et ensuite parce que c’est un grand ami.
On ne discute pas Robert Desnos ! On l’aime ou on ne l’aime pas. Il est trop entier, trop personnel pour qu’on puisse éprouver un sentiment vague envers lui.
Desnos est le type que vous voyez toujours courir ! On croirait qu’il se dépêche de vivre !
À la vérité, s’il court tellement, s’il est pressé quand vous le rencontrez, c’est qu’il va rendre service à quelqu’un. Et il se donne un mal inouï pour procurer des places, trouver de l’argent pour un ami.
Quant à lui, il s’en fout royalement ! De l’argent, il en a rarement, et celui qu’il a est pour ses copains.
En lui, rien n’est banal.
Te souviens-tu, vieux Robert, de cette chambre où tu logeais, si minuscule que tu devais te déshabiller sur le palier avant de te coucher.
Ça a duré comme ça assez longtemps ! Il a casé bon nombre d’amis mais il s’oubliait !
Heureusement qu’un beau jour il s’est aperçu que l’amour lui emboîtait le pas ; il se présente sous l’aspect d’une splendide fille intelligente, qui pensait comme lui, avait à peu près les mêmes goûts et avait le plus poétique des noms : « Youki », ce qui veut dire : « Fleur de neige ».
Vous pensez, ce grand poète, quel coup ça a dû lui faire quand il a murmuré ce nom de rêve. »

Kiki de Montparnasse, Souvenirs retrouvés, José Corti, 2005, p. 215.


Hommage d'Aragon à Desnos
ROBERT LE DIABLE

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Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre siècle saigne

(...)



Un petit dernier pour Michel si par hasard il passait par là ...

l'Asile ami

Là ! L'Asie. Sol miré, phare d'haut, phalle ami docile à la femme, il l'adore, et dos ci dos là mille a mis ! Phare effaré la femme y résolut d'odorer la cire et la fade eau. L'art est facile à dorer : fard raide aux mimis, domicile à lazzi. Dodo l'amie outrée !


DEVOIR POUR LA PROCHAINE FOIS : EN FAIRE LA PARTITION (et la chanter bien sûr !)

Et un petit trésor du net : la voix de Desnos racontant un de ses rêves ...

mardi 20 mai 2008

Tous à vélo !




Un petit récapitulatif pour tout ceux qui participent au concert dimanche 1° Juin au Petit Théâtre d'Étampes en 1° partie de la scéance de cinéma qui proposera :

L'ÉCOLE DES FACTEURS de Jacques Tati



















LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE de Sylvain Chomet















Voici la programmation musicale concoctée, ainsi que quelques liens pour se familiariser avec les chansons.

Une "bien envoyée" avec "Donges" de Jeanne Cherhal

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"Joaquim Agostinho" Une belle valse nostalgique du couple Romain Didier Alain Lepprest

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"Bon Voyage Messieurs du vélo", de Mireille ... On s'y croirait!

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Encore Mireille, chanté ici par Salvador : "Le Pas du facteur"

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"Le petit bureau de poste" forcément ... toujours Mireille
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"Pour me rendre à mon bureau" que ne dédaignait pas Brassens

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"A bicyclette", de Pierre Barouh Francis Lay ...ici dans une version swing manouche!


Et puis Bourvil

Avec "La Môme Rustine"
Et "A bicyclette "

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On ne manquera pas de chanter "El vélo solex" en salsa

Allez un petit Tati en hommage au solex de mes quinze ans (piqué à ma soeur !!!)



Pour "Bonjour Bonjour"de l'Autobus à vapeur",Allez vous amusez ici avec le karaoké réalisé par ce site canadien jamais en panne d'idées

Quand aux musiques du film de Sylvain Chomet, les Triplettes de Belleville:
Voici la vidéo de la mélodie finlandaise Leva's Polka (que nous allons joyeusement détournée pour la circonstance) Vive les fous rires du dimanche !


La Chanson "Belleville rendez vous" en contexte






Et chantée par son créateur, le montréalais Benoit Charest et sa femme Betty Bonifassi



Les Paroles, pour suivre


J'veux pas finir mes jours à Tombouctou La peau tirée par des machines à clous Moi je veux être fripée Triplement fripée Fripée comme une Triplette de belleville J'veux pas finir ma vie à Acapulco Danser toute raide avec des gigolos Moi je veux être tordue Triplement tordue Balancée comme une Triplette de Belleville Refrain: Swinging Belleville rendez-vous Marathon dancing doop dee doop Vaudou Cancan balais taboo Au Belleville swinging rendez-vous J'veux pas finir ma vie à Singapour Jouer au dico manger des petits fours Moi j'veux être zidiote Triplement zidiote Gondolée comme une Triplette de Belleville J'veux pas finir ma vie à Honolulu Chanter comme un zoiseau ça n'se fait plus Je veux ma voix brisée Triplement brisée Swinguer comme une Triplette de Belleville Refrain J'veux pas finir ma vie à Constantinople C'est bien trop dur de faire des rimes en “nople“ Je veux être givrée (Hop!) Triplement Givrée (Hop Hop!) La quadrature des Triplettes de Belleville J'pourrai finir ma vie à Katmandou C'est bien plus doux de faire des rimes en “dou“ Mais je veux être givrée Complètement Givrée Et swinguer comme les Tripletes de Belleville (Allez les filles!) Refrain + Solo + Refrain
Et la polyrythmie au frigo





A samedi pour la répétition !
N'oubliez pas vos sonnettes, pompes à vélo, sacs en plastique, et papier d'alu !

COUCOU C'EST VOUS !

mercredi 23 avril 2008

Toc !

Des retrouvailles dimanche ? Une joyeuse conversation hier soir? Un mail ce matin ?
La belle Claire s'imposait !