vendredi 11 janvier 2008

YES we have NO

Et bien, après DÉCEMBRE et ses torrents de friandises chocolatées ...



... ses montagnes de sucreries ...





... ses flots de ganache ...



Il est temps, en JANVIER, de faire le grand ménage ...



... de fermer boutique, les stocks épuisés ...



... d'accepter la "trêve des confiseurs"



... commencer une diète salutaire ... en attendant de retrouver l'appétit .....sans regrets ni aigreurs ... (s'en persuader:)


Anglais
Yes, we have no bananas ! ; We have no bananas today.
Chinois (Mandarin) 是, 我们不食用香蕉; 今天我们不食用香蕉
Créole Nou n' a pa des banaan, pas des banaan ozordi!
Hollandais
Ja, wij hebben geen bananen, wij hebben geen bananen vandaag!
Flamand Ja, wij hebben geen bananen; wij hebben geen bananen vandaag!
Français Oui, nous n'avons pas des bananes; Nous n'avons pas des bananes aujourd-hui.
Gaelic (Irlandais) Seadh, níl bananaí ar bith againn; Níl bananaí ar bith againn inniu
Allemand
Ja haben wir keine Bananen; Wir haben keine Bananen heute.
Hindi Han, hamare pas kele nahin hain, hamare pas aaj kele nahin hain.
Italien Sì, non abbiamo banane; Non abbiamo oggi banane.
Japonais Hai, banana wa arimasen; Kyo wa banana wa arimasen.
はい、バナナはありません。今日はバナナはありません。
Coréen
그렇다, 우리에는 바나나가 없다; 오늘 우리에는 바나나가 없 다
Polonais Tak, nie mamy zadnych bananow; nie mamy zadnych bananow, dzisiaj.
Portugais Sim, nós não temos nenhuma banana; Nós não temos nenhuma banana hoje.
Russe
Da, u nas niet nikakih-to babanov, U nas niet nikakih-to babanov, cevodnia.
Serbo-Croate Da, nemamo banana; danas nemamo banana.
Slovenien Ja, nimamo banan; danes nimamo banan.
Espagnol
Sí, no tenemos plátanos; No tenemos plátanos hoy.
Swahili Ndio! Hakuna Ndisi, Hakuna Ndisi Leo!
Suédois Ja, vi har inga bananer; Vi har inga bananer idag.
Tegalog (Philipin) Oo wala na kaming mga saging, wala mang saging ngayon.
Gallois
Nagyw, does gennym banana; does gennym banana heddiw.


... sur tous les tons ..







"Yes we have no bananas" Frank Silver Irving Cohn 1923






Bon Je pourrais aussi vous donner les couplets entiers de cette "top song" du XX° aux États Unis, la situation économique à NewYork avant 1929, celle de la communauté grécoaméricaine vendeuse de légumes, comment elle a été choisie comme chanson de ralliement par les protestants et catholiques de Belfast en 1932, la seule fois historique où ils ont défilé ensemble (c'est la seule chanson "non sectaire" qu'ils avaient trouvée !!!)

...Mais NON !
On finirait par y voir le message laborieusement dissimulé "YES I'VE GOT NO INSPIRATION TO DAY"

ET PUIS :

A LA DIÈTE ON A DIT !!!
Une de mes plus belles traversées sur ma petite barque de papier?
Celle au côté de l'insaisissable Lucie/Aurore/Belladonne/Angèle/Astrée/Marylin ... dans "La Folle Allure" de Christian Bobin.




Il nous faut mener double vie dans nos vies,double sang dans nos coeurs,
la joie avec la peine, le rire avec les ombres,deux chevaux dans le même attelage
chacun tirant de son côté, à folle allure.
Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin, cherchant la bonne foulée,
cherchant la pensée juste, et la beauté parfaite nous brûle, comme
une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge....

Christian BOBIN...


Un autre extrait ...

" Mon premier amour a les dents jaunes. Il entre dans mes yeux de deux ans, deux ans et demi. Il se glisse par la prunelle de mes yeux jusqu'à mon coeur de petite fille où il fait son trou, son nid, sa tanière. Il y est encore à l'heure où je vous parle. Aucun n'a su prendre sa place, aucun n'a su descendre aussi loin...
Mon premier amour est un loup. Un vrai loup avec fourrure, odeur, dents jaune ivoire, yeux jaune mimosa. Des taches d'étoiles jaunes dans une montagne de pelage noir.

Mes parents sortent en criant de la roulotte, c'est la nuit, les autres roulottes, une à une, s'éclairent, tous en descendent, le clown, l'écuyère, le jongleur, les femmes, les autres enfants, tous en chemise de nuit, en pyjama ou à moitié nus, ils m'appellent, s'accroupissent sous les camions pour voir si je ne m'y suis pas cachée par jeu et ensuite endormie - c'est déjà arrivé plusieurs fois -, ils s'éloignent sur la place du village, appellent encore, n'appellent plus mais hurlent, des fenêtres commencent à s'allumer aux maisons voisines et des gens se fâchent, crient au tapage nocturne, menacent des gendarmes. C'est ma tante qui me trouve. Elle court aussitôt de l'un à l'autre, impose le silence, fait signe qu'on la suive sans bruit : voilà le cirque au complet qui s'approche de la cage, la porte est entrouverte, je suis allongée dans la paille dorée à l'urine et j'ai les yeux fermés, ma petite tête de deux ans appuyée contre le ventre du loup. Je dors. Je dors d'un sommeil limpide et bienheureux.

Le loup venait des forêts de Pologne. On l'exposait pour attirer les spectateurs pendant l'installation du chapiteau. Il n'entrait dans aucun numéro. Un loup, ça ne se dresse pas. Les gens emmenaient leurs enfants voir le prince noir des contes de fées, la brute superbe. On ne leur disait pas la vérité : que ce loup était plus aimable qu'un lapin, que l'écuyère lui donnait à manger dans sa main et que rien de grave, pas même un grognement, n'était jamais sorti de la montagne de fourrure et d'étoiles. On avait accroché un écriteau en lettres rouges au-dessus de la cage : loup de la région de Cracovie. Les gens étaient plus effrayés par la pancarte que par la bête assoupie au fond de la cage. Mais ils étaient contents, ça leur suffisait comme preuve. Ce sont les noms qui font peur. Les choses sans les noms ce n'est rien, pas même les choses.

Donc toute la tribu est là, en demi-cercle devant le tableau de la petite fille au loup. D'accord il n'est pas dangereux mais, quand même, il y a des limites, mon père s'approche, entre dans la cage et quand il va pour me saisir, le loup redresse la tête, seulement la tête, aucun mouvement du ventre ou des pattes, comme s'il souhaitait ne pas me réveiller - et il se met à grogner pour la première fois, à montrer ses dents jaunies. Nouvelle tentative de mon père, un grognement plus fort, plus net, et les dents qui se découvrent jusqu'aux gencives. Mon père recule, rejoint les autres. On discute, on réfléchit. Le dompteur dit : c'est mon métier, j'y vais. Même réaction, la mâchoire qui claque. On choisit d'attendre. Les heures s'écoulent, silencieuses. Ils sont tous là, grelottant de froid devant la cage, guettant l'instant où le loup va s'endormir. La scène dure jusqu'au matin. Jusqu'à l'aube le loup veille sur mon sommeil. Lorsque, caressée par les premiers rayons de lumière froide, j'ouvre mes yeux, m'étire et commence à me mettre debout, il s'écarte doucement et va à l'autre bout de la cage, gagner un repos bien mérité. Je ne sors pas tout de suite. Je regarde les autres derrière la grille, la pâleur de leurs visages, je ris, je chante, toute rafraîchie par ce sommeil immaculé. On m'empoigne, deux claques sur les fesses et on me boucle une semaine dans la roulotte.

Depuis on me surveille. On vérifie dix fois par jour la fermeture de la cage. On ne peut m'empêcher de passer des heures devant. Quand l'attention se relâche, vite, je tends les mains à travers les barreaux et je les lui donne à lécher. Le soir, avant de m'endormir, il faut que mon père m'emporte en pyjama devant la cage et que, quelques minutes, je regarde les yeux jaune soleil dans la nuit d'encre, que je m'avance et que je me perde dans ces yeux-là.

Le loup est mort près d'Arles. J'avais huit ans. On est venu m'en prévenir avec des soins infinis, comme on devait informer un général d'une grave défaite de ses troupes. Je n'ai rien dit. La caravane s'est arrêtée un peu avant Arles, dans une décharge éclairée de coquelicots. Les hommes ont sorti des pelles, c'est moi qui ai guidé le cortège, j'ai choisi le coin le plus ensanglanté de coquelicots, on a creusé un trou, je me suis fâchée avec ma mère, finalement elle a cédé et on a exaucé mon souhait, on a glissé le pyjama dans le trou, on a enveloppé le loup dedans.

................................

Je ne suis jamais retournée du côté d'Arles. Je sais que les morts ne sont pas dans la mort, je sais que les morts sont dans un monde qui n'est séparé du nôtre que par un mince filet de lumière, je vois parfois passer la tête du loup dans le rideau des lumières, je souris, je regarde les yeux jaunes dans la lumière d'or."



Encore ??

La fatigue, la lenteur et le sommeil ont toujours été de mes amis. La plus petite action dans cette vie m’a toujours demandé une force énorme, insensée, comme si, pour l’accomplir, il me fallait soulever le monde entier, naître à chaque fois. Je comprends très bien que les nourrissons passent leur temps à dormir. Ils font un travail proprement exténuant : ils tètent une goutte de réel, une goutte seulement, ils la tètent de tout leur corps froissé et rose, ils la gobent avec leurs petits yeux ronds, ils la lèchent avec leur petite langue de chat, une goutte de réel, de rien, un soupçon, une larme de réel qui tombe sur leur âme blanche comme de l’huile sur le feu – et ils sont aussitôt exténués, accablés, obligés de tout arrêter, tout suspendre, repartir pour des heures de sommeil. Les nourrissons grandissent en dormant. Petit à petit, insensiblement, ils prennent taille, poids et force, les oreilles s’épaississent, les lèvres deviennent moins tremblées et les yeux s’affolent moins, les lèvres deviennent moins tremblées et les yeux s’affolent moins, regardent plus posément autour d ‘eux.

...


Ma mère est folle, je crois. Je souhaite à tous les enfants du monde d'avoir des mère folles, ce sont les meilleures mères, les mieux accordées aux cœurs fauves des enfants. Sa folie lui vient d'Italie, son premier pays. En Italie, ce qui est dedans, ils le mettent dehors. Leur linge sécher et leur cœur à laver, ils mettent tout à la rue sur un fil entre deux fenêtres, et ils font l'inventaire plusieurs fois par jour, devant les voisins, dans une interminable opéra de cris et de rires. En apparence c'est gai - en apparence seulement. Les Italiens sont tristes, ils imitent trop la vie pour l'aimer réellement, ils sentent la mort et le théâtre : c'est mon père qui dit ça quand il veut mettre ma mère en rage. Le pays de mon père c'est le silence. Mon père ...

J'adore aussi cette réflexion sur les "créateurs", qu'elle distingue en 2 types: les GROS et les MAIGRES
« Ceux qui vont par réduction, amincissement, petites touches : Giacometti, Pascal, Cézanne. Et ceux qui procèdent par accumulation, excroissance, boulimie : Montaigne, Picasso. Et celui-là, Bach, le gros plein de notes.

Bon, moi va falloir, - vue la taille de ce nouveau mail !!! - que je commence mes premières "leçons de création" avant de me transformer en ...
Fleury ? Tu m'avais pas promis que tu m'emmenerais voir à Beaubourg cette expo Giacometti ???


Un dernier lien :
Ici, on trouve des petits bouts de phrases extraites de ses autres romans.

mercredi 9 janvier 2008

Bon ...
Vu le gros temps qui menace ...
photo Yvan Galvez


et semble vouloir s'installer ...
photo Agnès Charbonnel

...tentons d'autres embarcations ...

photo Jean Sébastien Manzani

lundi 7 janvier 2008

lundi 10 décembre 2007

Tartine ...et Cacao !

Quelle "tartine" !

Consternée par la longueur de mon dernier message blog (je ne me savais pas si bavarde!!!) et par mes incurables capacités d'"éparpillement", je me contentrai aujourd'hui de poster cette vidéo dénichée sur DailyMotion: L'art du son , une géniale piste pour moi, pour justement réconcilier la Création Artistique, la Pâtisserie (on va imaginer que l'expérimentateur ici verse ... du sucre, de la farine ?. pourquoi pas du cacao... ) la Musique (quoique là, une petite inquiétude tout de même, celle que les personnes partageant ma cuisine (mon Atelier ?) soient quelque peu incommodées par la palette sonore un peu limitée ... voire franchement aggressive! (attention tympans fragiles!!!)

vendredi 7 décembre 2007

Chaud devant !

Ça y est c’est parti !

Y’en a … partout ! Sur le clavier de l’ordi, la rampe d'escalier, dans la baignoire, sur le tapis, la porte du frigo, la théière, les touches de piano…

Ah non tiens … Pas sur les touches de piano ?

  • Et si je mélangeais de la verveine séchée avec de la fève Tonka râpée ?
  • Ca alors ! cette chanson si émouvante que chante Louis Armstrong sur le dernier plan du DVD que je viens enfin de recevoir sur la vie de Rodgers… c’est devenu l’hymne des footballeurs du Celtic de Glasgow ?? … Faut que je dise ça à Camille !
  • Hum je rajouterais bien un peu de whisky rapporté cet été d’Écosse à la pâte de sésame.

Il faut que j’aille au piano pour revoir les paroles du morceau de Djavan que je veux chanter au concert Lundi !

  • Et si je roulais mes boules de pistache dans de la poudre de pistache tamisée ?
  • Pourquoi est ce que je n’arrive pas à enregistrer avec Audacity ? Comment ça il n’exporte pas les MP 3 ? … et Camille qui est en train de passer son examen de Bio, je ne peux décemment pas la "Skyper" et Virginie qui sirote son 43 sur la terrasse de son bar à tapas ! Je fais la « geek » à fond sur son Mac mais dès qu’il y a une petite fenêtre qui vient me demander si je veux convertir en Lame …alors là ma mâchoire semble avoir oublié le mode fermeture !


Bon il faut que j’aille revoir au Piano l’arrangement du morceau de Villa Lobos … en plus j’ai même pas eu le temps de dire aux garçons que je voulais jouer ce morceau – ben oui, une répétition de 2 h en 5 mois, c’est peu … Faut dire, s’il y avait un peu plus de concert, ça aiderait pour la motivation … oui mais pour préparer les concerts il faudrait des …

  • Hum ! J’aime bien utiliser ces grandes feuilles de rhodoïd, sur lesquelles je déverse le chocolat tempéré.Bien sûr, après, faut les laver à grande eau mais justement ça me plait ! Un peu de mouvements larges, pour changer de la précision des petits gestes necessaire à la confection des petits chocolats moulés.Allez hop dans la baignoire au jet ! et je te suspends tout ça sur une ficelle tendue, et j’accroche avec des pinces à linge ... ça fait jaunir l'émail le cacao ??


Ca c’est à cause de Tapiès , sur Arte l’autre soir, j’en suis restée scochée …littéralement happée par l’écran, les oreilles d’abord avec cette musique répétitive (de Carlos Santos, j’apprendrai plus tard) puis les yeux, étourdis par les mouvements de caméra filmant Tapiès, littéralement en transe, en train de réaliser un tableau, (gâteau ?) à coup de sacs de poudre ? (de farine ??) de seaux de goudron, les mains trempées jusqu’au poignet de peinture rouge sang … (de chocolat ?..) - me reviennent en tête les histoires de chocolat, les Aztèques, la boisson sacrificielle, substitut du sang - superposant frénétiquement les couches, grattant, giclant, triturant,enfonçant une sorte de stylet dans la « pâte » pour y inscrire profondément le mouvement de sa main … Et le merveilleux titre de ce documentaire de la fondation Maeght: « LES MAINS ÉBLOUIES »

Hérésie de comparer la Peinture à la pâtisserie ! …

Mais là, je ne sais pas ! La vision de l’acte lui même a été vraiment libératoire !... je veux faire de la pâtisserie comme ça ! C’est pas la cuisine de Sandrine que je vais réquisitionner la semaine prochaine mais l’atelier de Sylvette !
Me voilà donc, modestement mais frénétiquement, à mouler la ganache pralinée dans des grands couvercles … à badigeonner au grand pinceau de chocolat tempéré, à découper tout ça avec l'énorme couteau à ananas rapporté de Thaïlande.

Bon je m’emporte ; la réalisation des chocolats c’est aussi de la minutie extrême, des trésors de patience monotone à préparer les coques, à découper à chaque chocolat, minutieusement, à nettoyer des tonnes de vaisselle glissante de beurre de cacao, au degré près, pour obtenir la brillance parfaite, le fondant à point …
Mais là ! ... Comme si je n’avais plus peur des grands mouvements, gestes qui ouvrent (je suis bonne pour le Zénith moi !)
Il faudrait peut être que je change de répertoire !


Ah oui Répertoire ! : je termine cette ganache, et je file au piano revoir l’introduction de …

  • Tiens je n’avais jamais entendu le verse de « My funny Valentine », il faut que je montre à Fleury

  • J’adore utiliser ce hachoir à main pour broyer fin le zeste de citron.


Dès que j’ai fini …


  • Bon apparemment l'ingénieur du son de Michel n’est pas disponible.


  • Cette version de « Little girl blue » par Nina Simone est vraiment définitive non ?






Et puis il faut que j’aille au piano pour le thème de Mr Beat, celui là, si je ne me le remets pas dans les doigts longtemps à l'avance ...


  • J’ai bien fait de congeler les framboises du Jura cet été ; je vais pouvoir faire une super ganache avec le chocolat blanc.

  • Ca y est j’ai trouvé un écran télé pour dimanche. Il faut absolument que je montre à tout le monde le contexte original des chansons que l’on va travailler. Et puis ces extraits de comédies musicales, c’est tellement jubilatoire, on va se régaler …


Bon je finis cette plaque et je vais au piano…

?

Et puis faut que j’aille au piano pour vérifier la 2° voix pendant le solo de flûte …

  • Il est vraiment bon ce café, parfaitement équilibré ; je l’avais trouvé dans ce petit magasin « concept » à côté de la cité des Arts … Au fait ? J’avais pas dit que je rappellerais pour proposer un petit concert chocolaté ? En attendant, pour parfumer cette fournée, ce sera parfait … il faut que je torréfie un peu à la poêle avant
Et puis il faut que j’aille au piano pour l’enchaînement d’accords pendant le solo de Gilles, faut absolument que je revoie ça …
  • Oh un mail de Caroline, ça faisait longtemps!

  • Il faudrait que je m’achète un ampli ce serait déjà ça !
Bon cette fois je vais au piano
  • Cette chanson « Manhattan » je ne m’en lasse pas.






    Ecrite en 1925 seulement ! Le 1° vrai succès de Rodgers and Hart ; Tout est là déjà, les rimes audacieuses,l’humour, la légèreté, la nostalgie …ah ! et puis la Voix de Blossom !!!

  • En fait le moulin à café, c’est parfait pour moudre les épices… même la cannelle en bâtons ! Ah les beaux bâtons que j’ai achetés chez Bruno l’épicier ! je ne le connaissais que grâce à internet et là, j'ai pu rentrer en vrai dans sa boutique ! Il m’a fait promettre de lui faire goûter mes chocolats ! … je vais essayer d’en faire avec son cumin ! ça devrait plaire à Corinne ça !
C’est bon , plus qu’une petite ganache et je file au piano.

  • Avec mes écorces séchées d’oranges amères, ça pourrait être intéressant !



  • Bon alors nous disons : 45 carrés pralinés,40 carrés pistache,48 boules sésame, 36 griottes,36 gingembre,24 café, 36 spéculos,24 orange cannelle et 24 menthe poivrée d'hier, 50 citron, 18 framboise, 24 ...
Il faut que j’aille au piano vérifier si la reprise du refrain en changeant de tempo sonne bien

  • Je pourrais essayer 2 sortes de praliné : noisettes et amandes, chocolat noir, chocolat jivara.
  • Gene Kelly et Vera Ellen qui dansent sur « Slaughter avenue, c’est carrément à couper le souffle !




  • Il faut que je récapitule les commandes pour pas me tromper dans les quantités, et calculer les dates de livraison pour que ça reste le plus frais possible.

  • Oh ! la trombinette de la fille de Véronique ! je vais la mette en fond d’écran … Ce serait bien que j’emmène Nathalie la voir …en janvier peut être ? On a déjà notre projet avec Flo de l'emmener passer quelques jours ensemble à Cherbourg comme l'an dernier.

Il faut que … OUI, Plus que quelques boules de pâte d’amande à rouler et je …


  • Ah ! Perry Como dans « Mountain Greenery ! Tiens on pourrait la chanter celle là dimanche …je vais voir si je l’ai dans mon song book tout frais reçu par la Poste.
  • j’ai bien fait d’acheter cette pâte de myrtille ; elle se travaille super bien !

  • Il faut qu’on chante dimanche cet arrangement à 4 voix de « Isn’t it romantic » que j’avais rapporté de New York, déniché dans cet incroyable magasin Carl Fisher … ça changera de cette version ridicule de Maurice Chevalier !

  • Lui c’est un super bon sonorisateur, il aurait été ravi, il connaît bien Laurence mais …mais il habite en Ardèche …ah oui Ok … je continue ma recherche

Et puis de toute façon il fait tellement froid dans cette salle que je vais avoir les doigts gelés dès que je vais essayer de jouer !


  • Ou la, j’ai mis beaucoup trop de jus de cerise, ça ne va jamais prendre…
  • ça fait dix fois que je me prends les pieds dans cet aspirateur, mais par principe je refuse de le ranger
  • C’est incroyable, chaque fois qu’Elle téléphone, même si cette fois elle semblait beaucoup moins hystérique qu’habituellement, j’ai l’impression physique qu’elle aspire mon air ambiant ! Elle a l’extraordinaire capacité de me pomper l’air même au téléphone ! J’étouffe !
  • Qu’est ce que j’ai mal au dos ! c’est vraiment trop long à démouler ces trucs … Et en plus faudrait passer une 2° couche !Pas question ! A oui c’est pas terrible comme ça …Oups ! J’ai bien trop forcé sur le poivre !
  • J’ai promis à Corinne la grille de This can’t be love et je ne la trouve pas ! j’étais sûre de l’avoir pourtant ! Faut dire que j’en ai partout ! Ah mais je l’avais Déjà mise de côté !?
  • C’est malin et voulant faire de la place sur l’ordi j’ai supprimé GARAGE BAND …donc plus moyen d’envoyer le morceau enregistré pour Iris …
  • Il faudrait que je retrouve le disque d’installation dans la chambre de Camille ?? … !...
  • Bon 152 orangettes ça devrait suffire non ! c’est de la frénésie ! D'autant qu'hier j'en ai déjà fait 120 au gingembre confit !
  • Et bien tant pis ! Si tu peux pas faire autrement ! On ne répétera pas avant le concert, comme d’hab ! … Quand je pense qu’on en a un tous les 6 mois !
  • Oh ! ça colle partout ! J’ai mis encore plein de chocolat sur le téléphone…Oui Bien-sûr ma proposition de 200€ est misérable … mais bon, quand les musiciens sont péniblement payés 150€ la soirée non déclarés on perd un peu la valeur des choses ! …
  • Pourquoi je n’arrive pas à mettre en page cette partition ? La fonction « Page Layout » c’est vraiment la faiblesse de Finale je trouve …
Non ! il fait trop froid

Ah bon c’est revenu le chauffage ? il était temps !

Oui ben ,le temps que la pièce se réchauffe

Oui, je sais bien ! le petit chauffage électrique



Mais pourquoi j’ai autant attendu ????
Je suis si bien quand je suis au piano !
Je joue ! On joue, le piano et moi ! Comme je suis loin de contrôler tout ce que mes doigts font , et bien on joue, on se renvoie la balle, la voix, les doigts, et hop qu’est ce que tu penses de ça ? ah oui pas mal ! bon d’accord, un peu convenue ma réponse … j’essaye autre chose … hé ! attends moi ! …

Ben qu’est ce qu’elle a ma montre ? Ma belle Mondaine des chemins de fer suisse achetée par Christophe à la fondation Beyeler à Bâle ! Elle s’est arretée ??
Ça me rappelle cet autre moment, juin 2005, à la sortie du cabinet d’analyse de prélèvements, quand l’autre, mon ancienne, comme ça, pouf, tombe sur le trottoir, dans un « signe » tellement évident que ça m’épargnait tout commentaire superflu … Le temps s’était arreté …

Mais alors celle ci ! J’ai du la tremper à coup de jet dans la baignoire !
Dommage !
En attendant, je referais bien une petite fournée de pâte d’amandes !
Allons bon ! les pendules sont arretées ICI AUSSI ??


Ah BON ! C’est VRAIMENT la VRAIE HEURE ????????
….



Pas un mot à Camille



Si elle lit ce message, je suis DÉFINITIVEMENT GRILLÉE !



Je ne résiste pas au plaisir (ça on avait compris ! ) de vous faire partager cette vidéo de Thomas Radlwimmer, trouvée sur youTube, réalisée en hommage à Tapiès ... et John Cage ... dont le titre est:

Zeit is jetzt : Le temps, c'est maintenant !

dimanche 2 décembre 2007

Faudrait pas croire !
Il n’y a pas QUE le couvercle de mon ordinateur qui me nargue dès que je m’en approche, comme une abeille d’un pistil gorgé de pollen :
"Ouvre moi ! viens t’y vautrer pour y faire ton miel !"

Là, c’est un dessin sur une couverture de livre, perdu dans la foultitude de bandes dessinées dont s’enorgueillissent les bacs ma médiathèque préférée à La Ferté Alais, qui a laissé mes doigts agités en arrêt …

« Regarde moi, prends moi, n’aies pas peur … »



Elle me parlait …
Enfin, à "quoi" en moi parlait-elle exactement ?
À ma gourmandise avec ses couleurs chocolats ?
À mon conformisme conforté ( !) par mon récent passage au musée de la BD de Bruxelles avec sa rassurante « ligne claire » ?
A l’Anna Karénine refoulée avec son train digne d’un Orient Express, bagage étiqueté et passagère mystérieuse au manteau de zibeline?…

Sans doute; oui mais lui, cet homme, costume cravate col en V, tempes grises et front ridé, et surtout ce crâne tranché net, semant à tous vents ces photos sépia qu’on imagine souvenirs précieux de toute une vie, et qui au lieu de se cramponner à la fenêtre, semblait s’abandonner à la course du train …Et même quoi ? Derrière ses lèvres serrées sur ce qu’on imagine une bouche édentée semblait esquisser …un sourire ??
A qui pouvait-il donc parler pour que je m’en empare avec autant d’urgence évidente ??

J'ai ouvert le livre

Je n'arrive pas à le rendre ...

Ernest (c'était lui) Emile, madame Rose (c'était elle) Georgette et Marcel, René, Alphonse, Monsieur Léon ne me quittent plus ... depuis qu'ils m'ont pris la main pour m'introduire dans leur "Résidence pour Personnes Âgées", au 1° étage , celui des "valides", où certains vivent depuis plus de 15 ans, mais tous dans la terreur de la montée au 2° étage, celui des "assistés, ceux qui ont perdu la tête, folie sénile, schizophrénie ou alzheimer"...

Même pas sympathique l'Ernest, ancien directeur de banque inflexible, à la charge de ses enfants

Seulement quand il se retrouve là ...
Et que la page suivante est celle-ci:
...on sait bien qu'on ne le lâchera plus ...

Parce que tout pourrait se réduire à cette terrible double page :


Et bien non ...


Parce que tout comme il le fait avec son personnage, l'auteur nous prend par la main pour nous emmener là-bas loin, tout au fond de la forêt sombre très sombre, si loin/si proche, celle de toutes les terreurs éprouvées à l'idée d'une vie qui continuerait mais dont le mouvement serait arrêté.

- Temps figé de l'ancien animateur de radio qui a tant parlé qu'il "a finit par en user les mots" ... et qui "passe le temps" à répéter maintenant ceux des autres, inlassablement;
- de la salle de télévision bloquée sur les chaines animalières;
- du salon : "- fondamentalement, le salon est comme la salle de télévision, mais sans poste de télévision" dit Émile qui lui (nous!) fait faire la visite;
- de la salle de "mobilité" ou le but est de ne pas s'endormir entre deux lancers de ballon;
- de la salle de jeu, où il s'agit surtout, au Loto, de se souvenir des numéros annoncés !
- Infirmière: le vingt ! - Alphonse, ancien commentateur : vingt! - Eugène à la casquette (sourd) : Il a dit quoi ? - René, survêtement, médaille de bronze au championnat national d'athlétisme en 53 : Le vingt, Eugène ! - Marcel, mari de Georgette, souffrant d'Alzheimer, à Eugène : Quel numéro est sorti ? - Eugène : Comment ? - René : Vingt! C'est le vingt qui est sorti. - Alphonse : Vingt ! - Marcel : Ah oui, le vingt... Aïe, ça m'est sorti de la tête ... C'était quoi déjà ? ( à Eugène ) - Eugène : Comment ?
...

Au début, on fait comme Ernest, on hurle, on refuse : Non pas moi ! ... Accrocher les décorations de Noël avec les autres ? Quand j'étais dans la banque , on ne célébrait pas ces bêtises ! ... Non je ne me suis pas inscrit pour l'excursion du pont de la Toussaint au Casino ... Je refuse de séjourner dans cette pièce avec tous ces petits vieux qui dorment ... Ces pilules ? je n'en ai aucun besoin, j'ai toute ma tête moi contrairement à Monsieur Marcel !

... Et c'est quand il s'aperçoit que les souvenirs de sa propre vie commencent également, comme des pages d'écriture sous la pluie, à s'effacer ... qu'il doit affronter l'annonce terrifiante de la maladie et de son inéluctable issue ( géniale page ou l'on ne voit sous le texte que le dessin des pieds d'Ernest, tel qu'il les voit , assis en face du médecin ) c'est à ce moment là qu'il commence à accepter de laisser s'échapper le passé et enfin à être attentif aux autres et de faire son dernier voyage.

Parce que, forcément, elle est là la vie, et, dans un cadre aussi terrorisant par sa fixité, le moindre petit surgissement de vie devient la vie elle même ...Et si les corps se rident ( " Arrugas" est le titre en espagnol), si la mémoire aussi s'engloutit, les émotions de chacun restent intactes, intenses, violentes.

Et on fond de tendresse et d'humilité pour l'humanité des personnages ... et de reconnaissance pour l'auteur qui sait nous conduire sur ce chemin là , où on ne voulait surtout pas aller , et d'arriver même à nous y surprendre par la poésie qui s'y cache, si on avance malgré tout, sans chercher à se raccrocher à un passé qui, de toutes façons, nous échappe.
Alors on s'attarde un peu plus sur:
- Raymond qui cache son cadeau de Noel (un chiot!) dans une boîte en carton et le promène le week end quand il rentre chez son fils.
- Adrienne qui danse le paso-doble le samedi ... avec son déambulateur ! et qui continue à écrire des poèmes pour ses enfants qui ne viennent jamais la voir, sous les moqueries désabusées des autres ... et qui garde le ketchup et les petits carrés de beurre pour son petit-fils. (- Surtout ne te les fait pas voler ! )
- La mystérieuse Madame Rose

Beauté de la couleur ...


- Emile compagnon de chambre d'Ernest, au cynisme affiché, toujours prêt à se moquer des autres- et de lui même, mais qui veille sur Ernest déclinant comme un frère, en l'aidant à remettre ses vêtements à l'endroit, en lui confectionnant des petites étiquettes avec des dessins pour qu'il puisse nommer ses objets familiers, et tromper le médecin ! ... et en l'accompagnant un jour, juste pour s'y préparer, à l'"Étage Supérieur.

Et quand ...

... c'est lui qui propose le coup de folie ! L'échappée belle surréaliste ! Avec Ernest au volant : "je vais vous mettre une étiquette pour ne pas oublier vos noms" !!!


On n'a presque envie d'y croire à leur folie! Allez ! que l'auteur - tous les pouvoirs après tout ! - s'autorise cette évasion et nous fasse quitter la réalité, ça suffit, on sait bien comme tout ça va finir ...

Et bien non, il ira jusqu'au bout de son propos ...

Une fin terrible ? ... Sans doute, mais accompagnée
par toute la douceur et la poésie de "Madame Rose" ...

" Vous allez aussi à Istanbul ?Les carpates sont magnifiques au printemps" ...


PACO ROCA auteur espagnol
RIDES : "A mes parents"
Edition Delcourt/ Mirages
2007

...

PS1 : Je téléphone à la maison de retraite Clairefontaine à Etampes proposer un dimanche après midi enchantant , avec nos mambos, nos chachachas, nos boléros nos ...
- heu oui, pourquoi pas ... ah non en décembre il y a déjà l'arbre de Noël ... janvier? là c'est la "galette" ... bon février ...mais attention avant 18h, c'est l'heure du repas ...
...

PS2: J'ouvre Télérama et je découvre un article sur le dessinateur "Quentin Blake" ( vous savez ? "Matilda ...Charlie et la chocolaterie ...) de passage à Paris au salon du livre jeunesse; j'y lis:
"Quentin Blake a couvert les salles communes du rez-de-chaussée du service de gérontologie-psychiatrie du St Charles Hospital de Londres de fresques murales.
On y voit des vieillards perchés sur des branches, grignotant du chocolat, tricotant des écharpes ou sirotant du champagne ...


Quentin Blake
"Vive nos vieux jours"
Gallimard jeunesse (?)
2007




Il dit " les patients vivent dans un monde parallèle où tout est possible, j'ai voulu que ces dessins soient l'incarnation énergisante de leurs rêves ! "


AH !



Et pis allez un petit
PS3 ... Hier soir, j'ai dîné avec la dessinatrice ...de Tom Tom et Nana !!!
66 ans, une enfant !